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Vidéo de campagne électorale : Réaliser un film d’annonce de candidature

Mar 25, 2026 | Communication politique, Film & Vidéo

Contexte et objectifs

La réalisation de ce projet s’inscrit dans un cadre plus large : un travail mené sur plusieurs mois autour de la campagne des municipales, avec plusieurs contenus et supports pensés dans le temps.

Il me semble important de préciser que, si j’écris ici à la première personne, ce travail ne s’est jamais construit seul. Les idées, les ajustements, les validations, les contraintes et l’énergie générale de la campagne ont largement nourri les résultats finaux. Ils doivent donc beaucoup à une équipe investie, sérieuse, dynamique, avec laquelle les échanges ont été constants et précieux.

Côté numérique, l’annonce de la candidature en est la première pierre visible : un contenu pensé pour lancer une présence en ligne tout en donnant immédiatement un ton. Tout part d’une idée du directeur de campagne : si la campagne démarre sur les réseaux avec très peu d’abonnés, il faut un film fort, pour créer un premier rendez-vous, installer une dynamique, et donner envie de suivre la suite.

L’objectif est double : lancer la campagne sur les plateformes tout en gardant un lien clair avec le terrain. Pour cela, la vidéo reprend la logique d’une lettre qui doit être adressée aux Dijonnaises et aux Dijonnais (envoyée par la poste et distribuée dans la rue) : on conserve les mêmes mots et la même intention, mais on réécrit la structure pour qu’elle fonctionne en audiovisuel — et surtout sur les réseaux, où l’attention se joue dès les premières secondes.

La lettre comme fil rouge

Le fil rouge de cette vidéo est à la fois très simple et visuel : on voit la candidate et maire sortante en train d’écrire cette lettre. Ce geste revient comme un repère. Il relie naturellement deux réalités : la campagne “physique” (la lettre distribuée) et la campagne “numérique” (la vidéo publiée et partagée).

Une annonce pensée pour rassembler

La ligne est claire dès le départ : il faut un film humain, respectueux, surtout pas agressif. À l’image, finalement, de la candidate. Il s’agit d’incarner une intention et une personnalité.

Une attention particulière à la « majorité silencieuse »

La vidéo s’adresse naturellement à tous les Dijonnais, mais avec une intention assumée : parler aussi à ceux qui ne commentent pas, qui ne militent pas, qui ne s’expriment pas beaucoup en ligne… mais qui regardent. Ceux-là existent, et ils sont importants dans la sphère numérique.

Pour toucher cette majorité silencieuse, je crois qu’il n’y a pas de secret : il faut lui parler vrai. Rester juste. Éviter la caricature, éviter l’agressivité, éviter le ton “promo”. Chercher plutôt une émotion simple, une sincérité dans les propos, quelque chose qui donne envie d’écouter jusqu’au bout.

C’est aussi pour ça que le film doit raconter une histoire tout en restant accessible : un récit clair et fluide, un ton humain, et une réalisation qui accompagne par l’image et le son.

Le message principal

Le cœur du film, c’est une histoire personnelle — mais une histoire qui commence par quelque chose de commun. Un point d’entrée dans lequel les Dijonnais peuvent se reconnaître et s’identifier.

Le film commence précisément par cette phrase tirée de la lettre :

“Que l’on soit dijonnais de naissance ou d’adoption, chacun d’entre nous écrit sa propre histoire avec Dijon.”

Et cette phrase n’est pas posée sur n’importe quelle image : elle est associée à une mise en valeur de la ville (plans larges, timelapse) et de ses habitants. L’objectif est clair : capter dès le départ, donner une ambiance, et parler immédiatement du “nous”.

Ensuite seulement, la vidéo montre ce qui relie réellement la candidate à la ville et à ses habitants : une proximité, une accessibilité, une présence sur le terrain. L’idée n’est pas de fabriquer une image mais plutôt de révéler une manière d’être, avec des mots justes et des images cohérentes.

Une écriture « réseaux » : garder l’attention sans dénaturer

La lettre annonçait la candidature dès le début. Dans la vidéo, c’est l’inverse : l’annonce arrive à la fin, face caméra, comme une chute.

Ce choix est pleinement assumé — et c’est aussi un parti pris de réalisation. Sur les réseaux sociaux, la différence se joue souvent sur très peu : gagner quelques secondes de rétention peut faire une énorme différence sur la portée. Les algorithmes favorisent les contenus qui retiennent, qui sont regardés plus longtemps, qui déclenchent des interactions. Donc la construction du film n’est pas seulement “esthétique” : elle est aussi pensée pour maximiser l’attention.

Concrètement, la voix de la candidate est présente dès le début, mais on ne la voit pas du tout pendant les quinze premières secondes. Au départ, ce ne sont que des images de Dijon et du quotidien : rues, déplacements, vie réelle… L’objectif est de capter un maximum de monde avant l’identification immédiate du sujet, y compris ceux qui regardent “de loin”, ceux qui hésitent, et même ceux qui ne sont pas forcément acquis à sa cause.

Puis, autour de la 15–17 seconde, elle apparaît réellement, s’installe à son bureau et entame l’écriture de la lettre. La présence est progressive : on suggère, puis on incarne.

L’idée est de construire un mouvement :

  • commencer par le “nous” (la ville, le quotidien, les habitants),
  • installer une ambiance,
  • révéler la candidate progressivement,
  • et terminer sur une annonce claire et simple.

Format & diffusion : du vertical d’abord, mais pas seulement

La vidéo est publiée au moment même où la maire sortante annonce officiellement sa candidature, en direct à la télévision. C’est un choix de synchronisation : l’annonce “offline” et l’annonce “online” se répondent, et le film devient immédiatement le contenu de référence à partager.

Le format principal est pensé pour le fil d’actualité :

  • 1080 × 1380 (vertical “confortable”), pour garder de l’ampleur sur les plans de ville,
  • et pour que les sous-titres restent très lisibles dans le flux.

En parallèle, une version 16:9 est exportée pour YouTube et le site internet, afin d’avoir une publication propre sur ces supports.

Durée finale : 2 minutes 10.

Et il faut le dire : ce n’est pas “court”. C’est long, surtout à l’heure des formats de 30 à 40 secondes. C’était d’ailleurs l’une de mes craintes. Mais je ne voyais pas comment réduire davantage sans casser l’équilibre du film : chaque partie était là pour une raison (installer le “nous”, amener la candidate, raconter le parcours, garder une chute). Au final, cette durée n’a pas été un frein — au contraire, elle a prouvé qu’un format plus long peut fonctionner, à condition d’être construit avec une vraie progression.

Direction d’image : chaleureux, lumineux… et stratégique

L’intention visuelle est simple : faire ressentir que cette candidature est une bonne nouvelle pour la ville. Donc il faut un film lumineux, chaleureux, avec une approche cinématographique assumée — non pas pour “faire beau”, mais aussi parce que de belles images retiennent. C’est un autre levier d’attention : si l’œil est capté, on reste plus longtemps.

Le choix de plans forts dès le début sert exactement ça : donner une ambiance, créer une accroche visuelle, et installer une tonalité.

Musique

La musique est choisie avec soin : positive, légèrement rythmée, lumineuse au sens émotionnel — mais surtout pas “cheap”, et encore moins héroïque. L’idée n’est pas de surjouer. La musique doit accompagner, porter, et laisser la place à la voix.

Sound design

Pour renforcer l’immersion, j’ajoute des éléments sonores identifiables :

  • le son du tram (signature à Dijon),
  • la sonnerie d’école,
  • un ballon de foot avec des enfants qui jouent,
  • le vent léger sur une vue aérienne au-dessus du Lac Kir.

Ce ne sont pas des effets spectaculaires. Ce sont des repères. Des détails qui rendent la ville tangible.

Résultats : un lancement numérique réussi

Le projet avait un objectif intuitif au départ : lancer fort. Dans l’équipe, on espérait autour de 50 000 vues.

Au final, la vidéo dépasse 200 000 vues au global (toutes plateformes confondues), avec des milliers de likes et des centaines de partages.

Et surtout — à l’échelle des contenus diffusés publiquement pendant cette campagne municipale (toutes listes confondues) — je n’ai pas vu de vidéo qui fasse mieux. Je n’ai évidemment pas accès aux statistiques internes de chacun, mais dans l’écosystème public de la campagne, ce film a clairement été un pic de performance.

Ce que je retiens

Ce type de film fonctionne quand il tient un équilibre :

  • une écriture pensée pour les réseaux,
  • une direction d’image cohérente, alignée avec la personnalité de la candidate,
  • une fabrication collective (validation, coordination, timing),
  • et une attention constante à l’image des personnes.

C’est aussi pour ça que j’aime ce travail : il mélange narration, stratégie de diffusion, et responsabilité. Et au final, ce n’est pas “ma vidéo” : c’est une pièce construite collectivement, au service d’un groupe bien plus large, d’un calendrier, et d’une intention commune.

Matthieu Mugneret

Bienvenue sur mon blog

Vidéaste, photographe et créateur de sites internet à Dijon. À travers ce « carnet de notes« , je partage mes projets, mes réflexions et ma manière d’aborder l’image, le récit et la communication.

Nous sommes
Réflexions personnelles

Nous sommes

Depuis plusieurs mois, je réfléchis à “Nous sommes”, un projet de film en cours d’écriture. J’y cherche une manière simple et cinématographique de faire ressentir le lien invisible qui traverse une ville.